Le lundi je me suis dit qu'enfin nous allions travailler, c'est le sens du volontariat mais non. Les fils ont été travailler pour un propriétaire et Anibal a travaillé au pont. Les hommes du village se sont mis d'accord pour faire un pont pour pouvoir traverser la rivière en moto et voiture et faciliter le passage des mules. Ils le construisent au niveau du chemin menant aux terres de la famille.
Nous nous avons été avec les filles chez Don Amable, il est marié avec la soeur de la mamie de la famille. Il a beaucoup de terre, il est donc plus riche. Avec sa femme, qui est adorable, ils ont 2 fils (dont Luis 25ans le plus jeune) et une fille qui travaille à la maison avec sa mère. Sa maison est en dure et le toit est plus haut.
Quand on est arrivé, les hommes étaient en train d'essayer un tout neuf pulvérisateur. Ils ne s'en sortaient pas vraiment et c'est Cecilia qui leur a expliquer comment s'en servir. C'est une femme intelligente et debrouillarde, elle touche à tout.
Nous sommes ensuite monter avec les filles voir la sucrerie de Don Amable qui ne fonctionnait pas à cette période, elles nous ont montré toutes les terres de Don Amable et il en a effectivement beaucoup.
En redescendant nous avons aidé à traire les vaches de don Amable, il y a pas à dire nous ne sommes pas doué, surtout moi ! Ils nous ont offert du lait qu'on a fait bouillir et bu avec de la banane écrasée et du sucre de canne, je préfère le lait nature.
L'après-midi, nous avons été nous promener avec Joël et Tony dans les environ. Pour une fois qu'il faisait beau il fallait en profiter.
Le soir nous avons été chez Don Amable pour ramener le pot de lait. Ici quand quelqu'un vient chez toi, en fonction de l'heure, on lui sert soit du café avec un truc sucré à manger ou soit une soupe. Cette fois-ci nous avons eu des croissants mais le matin c'était un bâton de maïs écrasé au sucre (j'ai filé le mien à Tony). Nous avons parlé de la France, ils nous demandent souvent le prix des choses alors on répond patiemment : et une télé ? Et une maison ? Ça les fait rire. Puis ils ont parlé politique agricole. J'ai pas tout suivi mais il semble que les prix des fruits et légumes soient fixés par le gouvernement. Ils reçoivent aussi des aides d'un équivalent de la CAF en fonction du nombre d'enfants et d'autres critères mais Cecilia trouve qu'ils sont pas équitables, je n'ai pas compris pourquoi.
Anibal et Cecilia nous ont également dit qu'en Équateur l'école était gratuite ainsi que les soins à l'hôpital. Ils ont l'air content de leur gouvernement. Nous avons remarqué des petites maison en béton souvent jaunes, ce sont quasiment les seules qui sont peintes et qui ont des numéros. Cecilia nous a expliqué que c'était des maisons données par le président. C'est leur système d'HLM sauf que là le terrain et la maison sont donnés contre rien en échange ! Elle n'était pas ravi de la répartition des maisons parce qu'elle a fait des demandes, qu'ils en ont jamais eu alors que des gens plus riches qu'eux en ont eu. Pour nous c'est impressionnant surtout vu le nombre de maison, quasi 1 sur 100 dans les parages
Le mardi c'était notre 1er jour de travail, les hommes sont partis chez un propriétaire mais Cecilia avait besoin de nous. En fait ils se sont mis avec Patricio (le cousin de la pêche) pour partager un terrain qui appartient à la mamie et au papi. Cecilia nous a expliqué que c'était parce que Patricio n'avait pas de terre. La famille donne les pousses de najanrilla et Patricio avec sa femme, son fils et son père les plantent. Nous avons donc chargé les pousses sur les mules qu'il a fallu emmener au terrain près de la maison de la mamie. D'ailleurs le papi était rentré et il est trop marrant, il fume clop sur clop et dit "puta" à toute ses phrases !
Bref il y a eu 5 aller-retour avec les mules mais nous nous sommes contenté d'attendre et de charger, il pleuvait et la terre était bien molle.
Une fois les pousses amenées aux terrains, nous avons insisté auprès de Cecilia pour nous montrer comment faire pour planter. Un coup de bêche avait déjà été mis à l'endroit où il fallait planter et il était recouvert de calcium en poudre et d'un engrai naturel, la pousse était posé à côté. Nous avons donc planté pendant presque 2h. C'était pas prévu mais ça les a bien arrangé car ils avaient pris un peu de retard. C'est que c'était pas le boulot de la famille et donc Cecilia n'a pas aidé mais elle était contente qu'on le fasse.
Le terrain était très pentu et il pleuvait légèrement ce qui nous a bien fatigué. Le temps de rentrer et de manger il était déjà tard donc l'après-midi bien entamé. Joël a profité de l'apparition du soleil pour retourner à la pêche où j'ai essayer de le rejoindre plus tard en compagnie de Tony. Au final je l'ai retrouvé sur le chemin du retour, toujours pas de poisson mais il avait découvert un nouveau chemin !
Le mercredi il a fait beau toute la journée, on est tous monté au terrain pour cueillir des tomates sauf Carlos qui a préféré travailler avec son copain Luis pour Don Amable. Même Mayra qui n'aime pas trop aller au champ est venu, Raphael était là aussi et le papi nous a rejoint également.
On a cueuilli des tomates aux arbres !? Elles ont été chargées dans des sacs sur les mules et Stalin et Anibal les ont descendu à la maison. Je sais pas comment ils font ces 2 là mais ça n'a pas l'air de les déranger de faire l'aller-retour plusieurs fois par jour ! Pendant ce temps là on a planté des najanrilla sur une autre terrain moins en pente que la veille. Raphael a fait les emplacements à la pioche, Mayra a mis le calcium et Cecilia, Joël et moi avons planté. Fort de notre expérience de la veille nous étions rapide, évidement pas autant que Cecilia mais nous préférons nous appliquer plutôt que de mal faire.
Quand Anibal et Stalin sont revenu on a mangé avec une vue magnifique, c'était magique puis on s'y est remis. On a terminé le champ rapidement vu la vitesse à laquelle va Anibal, il est 2 fois plus rapide que nous !
Le soir nous avons discuté prix des tomates et malheureusement j'ai oublié de combien il s'agit exactement mais il me semble que la cueillette rapporte ~150$ et qu'ils en font une tous les 15jours. Nous comprenons mieux comment ils peuvent s'en sortir car avec un salaire de 10$/jour même en travaillant 6jours par semaine et même en ayant pas à acheter de fruits et légumes ça fait pas beaucoup... surtout avec 2 ados !
Nous avons eu le droit à des jus de tomates fruits pendant plusieurs jours, dommage nous n'aimons pas, le goût ne ressemble pas non plus à la tomate de chez nous !







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